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JO 2022: de Paris à la bulle sanitaire de Pékin, récit d’un voyage vraiment pas comme les autres

JO 2022: de Paris à la bulle sanitaire de Pékin, récit d’un voyage vraiment pas comme les autres

JO 2022: de Paris à la bulle sanitaire de Pékin, récit d’un voyage vraiment pas comme les autres

Le L’équipe des reporters RMC Sport est arrivée à Pékin ce samedi matin. Le voyage commencé à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, jusqu’à la rigide bulle sanitaire chinoise qui va rythmer ces Jeux olympiques. A une semaine du coup d’envoi des Jeux, récit de ce que vivent les acteurs du grand événement hivernal jusqu’à leur entrée en lice.

"Tu l’as ton QR Code vert? Et celui des douanes? Non celui-ci tu peux attendre juste avant le départ pour le faire." Le départ pour Pékin et ses Jeux olympiques d'hiver, c’est un bachotage pour s’assurer de ne rien oublier. Le formulaire A38 des Douze Travaux d’Astérix aurait sa place avant d’embarquer. Un QR code vert qui retrace votre vie sous Covid. Un autre, plus classique. Deux sites à compléter, deux tests PCR sous 96H dans l’un des labos reconnus par l’ambassade de Chine et une bonne dose de bol: rester négatif.

Dans leur tenue bleu-blanc-rouge, les descendeurs français sont parmi les premiers arrivés à Roissy. Johan Clarey, encore tout sourire après sa deuxième place à Kitzbühel, résume le sentiment général: le descendeur est pressé d’être au village olympique avec un troisième test négatif, celui effectué au sortir de l’avion. Ça tremble. La sévérité de l’hôte chinois ne rassure pas.

A côté des skieurs de la vitesse, Tessa Worley la porte-drapeau, Martin Fourcade en campagne pour entrer au Comité international olympique et une bonne partie de l’équipe du CNOSF. Paris-Pékin avec une blanquette de veau au milieu et les encouragements du commandant à l’escadron de sportifs français. Et pour finir une vue sur les sommets très peu enneigés de Zhangjiakou. Ce sont les autorités chinoises qui donnent le go du débarquement. Certains se lèvent dès l’appareil stoppé. Raté. On attend.

L’hospitalité ne sera pas le mantra de ce séjour olympique

La porte avant gauche du vol AF128 s’ouvre. Le comité d’accueil n’est pas là pour fêter le nouvel an chinois. En arc-de-cercle, scan au pied, ils vous radiographient, débusquant la moindre température un peu suspecte au plus profond de vos vaisseaux. Pas un mot. La gueule enfarinée après 10h de vol, vous découvrez que l’hospitalité ne sera pas le mantra de ce séjour olympique. L’Empire du Milieu veut éviter toute propagation du virus hors des bulles JO. Exemple de précaution d’orfèvre, pas trop "j’aide mon prochain dans l’esprit": si un véhicule olympique est accidenté, que ses occupants sont touchés, interdiction pour un quidam de porter secours même s’il est le cador de la désincarcération et du garrot sur l’artère fémorale. Il faut d’abord appeler un numéro d’urgence. Des personnels de la bulle interviendront.

JO 2022: de Paris à la bulle sanitaire de Pékin, récit d’un voyage vraiment pas comme les autres

L’aéroport Capitol de Pékin suinte la poussière. L’impression de traverser des couloirs abandonnés. Pas un coup de pinceau, des fils partout et des prises qui affleurent. Personne, à part les passagers de notre vol. Tout du long, les spectres bleus du Covid. La fashion week pékinoise met en avant le bleu pour le mois à venir: combinaison de papier avec sur-chaussures, visière, lunettes en plastique de chimiste, gants et pulvérisateur à portée de main pour la note de fragrance anti-Covid. L’armée de volontaires déployée par les organisateurs est une. Du réceptionniste à l’hôtel au technicien de laboratoire qui va creuser votre fosse nasale jusqu’au cerveau impossible de différencier ces spectres travailleurs.

Ambulance et hôtel si vous êtes négatif

Guidé par les combi-men, appareil photo rangé, vous devez d’abord passer devant une machine, rentrer de nouveau vos informations et les vérifier. Un nouveau QR Code dans la main, direction les cabines de test. "La bouche d’abord" demande la préleveuse. "Faites Aaaaaah". Elle manie le speculum comme le bâton de combat. Sa carapace bleue la rend imperméable à vos toussotements. Phase 2, la narine. Pas de prisonnier non plus. Les tests chinois, plus réactifs que les tests français, ont révélé des cas positifs malgré moult tests négatifs en amont du départ. La norme a été abaissée, apprend-on. C’est à votre hôtel, six heures plus tard, que la bonne nouvelle tombe. Négatif. Positif, vous avez droit à une ambulance et un petit séjour dans un hôtel que vous n’aviez pas zieuté sur Booking.com: l’hôtel de la quarantaine.

Chaque jour jusqu’à votre départ, la petite obligation du matin n’est pas l’huile de foie de morue mais le test PCR buccal et le relevé de votre température sur l’application dédiée, My2022. Pas de tapis roulant pour votre bagage plutôt une chasse à la valise dans une grande salle rectangulaire, dernière étape avant l’autocar. Les skis des champions, leur arme de performance, sont bien à l’écart. Logique. Pas votre valise et celle des dizaines d’autres passagers.

Des contrôles, encore et toujours

Une douzaine de cars Pékin 2022, pas vraiment rutilants et réservés par l’hôtel dispatchent ce petit monde. Pékin, pour la glace, Yanqing pour le ski alpin, le bobsleigh, Zhangjiakou pour le biathlon. Arbres nus, pas un virage, quelques morceaux d’écaille de la Grande Muraille pour égayer ce pensum. Un opérateur du comité d’organisation reprend une nouvelle fois les identités et valide un plan d’occupation du bus qui permettrait de désigner des cas contacts si jamais un voyageur se trouvait être positif au Covid.

L’organisation chinoise a déjà connu des couacs. Sept heures pour parcourir les 220 kilomètres entre l’aéroport Pékin Capitale et le site de Zhangjiakou. Avec un chauffeur débordé, sans carte, ni GPS, ni anglais. Et aucun secours venu d’en haut. Un coup à se bouffer de l’influx nerveux. Martin Fourcade, assis dans ce car, sait que les Jeux se méritent. Arrivée à l’hôtel, modestement caché par des grillages de 2m. Portail sécurisé, boutons aspergés de produit désinfectant, internet chinois limité et toujours ces volontaires en combinaison bleue. Vivement que la combinaison de ski revienne à la mode le 4 février.

M.M. avec V.J., J.R. et A.S. à Pékin

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