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La justice est-elle vraiment trop laxiste ? : la mise au point de Dupond-Moretti face aux syndicats policiers

La justice est-elle vraiment trop laxiste ? : la mise au point de Dupond-Moretti face aux syndicats policiers

La justice est-elle vraiment trop laxiste ? : la mise au point de Dupond-Moretti face aux syndicats policiers

Le face-à-face était attendu. Éric Dupond-Moretti s’est adressé jeudi aux syndicats policiers, sans prendre de gants, une semaine après la manifestation des forces de l’ordre devant l’Assemblée nationale qui avait viré au procès du laxisme de la justice, le ministre étant même copieusement hué.

Présent lors de la réouverture du Beauvau de la sécurité au côté de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, avec lequel il a affiché sa convergence de vue, jouant le "duo" plutôt que le "duel", selon ses mots, le garde des Sceaux a débuté son intervention par une mise au point.

Les chiffres et le geste

"Il y a des comportements qui m’ont déplu", a-t-il lancé, pointant une "mise en scène indigne" de la part d’Alliance dans laquelle des figurants mimant la justice balayaient les victimes d’une scène de crime, des policiers abattus impunément.

"La liberté syndicale n’est pas totale", a-t-il affirmé face aux représentants des policiers qui avaient conditionné leur présence à un échange autour de la problématique de la justice. "Si on dézingue les institutions de la République, on dézingue la République", a martelé Éric Dupond-Moretti, en y voyant "une ligne rouge infranchissable". Un slogan de Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d’Alliance, est particulièrement resté en travers de la gorge de l’ancien ténor du barreau : "Le problème de la police, c’est la justice."

La justice est-elle vraiment trop laxiste ? : la mise au point de Dupond-Moretti face aux syndicats policiers

"Peut-être que nos phrases ont été choquantes, mais elles ont permis un débat salutaire", a rétorqué un membre d’Alliance. Les représentants des forces de l’ordre ont dénoncé une "certaine clémence de la justice" et réclamé des peines planchers face à des condamnations qu’ils ne jugent pas assez sévères en cas d’agression des forces de l’ordre.

Pas de laxisme de la Justice

Réfutant tout laxisme, le garde des Sceaux, indépendance de la justice en étendard, a rappelé les récentes mesures adoptées par l’Assemblée pour durcir la répression pour les crimes sur policier ou gendarme, la limitation de certaines réductions de peine, ou encore la fin des rappels à la loi. "Il y a davantage de répression aujourd’hui", mais aussi de détenus dans les prisons, a-t-il affirmé ; citant ce chiffre : 132 000 peines de prison ferme prononcées en 2019, contre 120 000 en 2015.

"L’emprisonnement peut être criminogène", a-t-il rappelé, sans convaincre les syndicats policiers. Eric Dupond-Moretti a tout de même répondu partiellement à l’une de leurs revendications.

La présence d’un avocat lors des perquisitions, récemment votée en première lecture par les députés, ne devrait pas s’appliquer, finalement, dans les affaires de terrorisme, de grand banditisme et de criminalité organisée.

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