#

Anthony BONDAIN Bourse de Paris : Il va y avoir du sport

Anthony BONDAIN Bourse de Paris : Il va y avoir du sport

Anthony BONDAIN Bourse de Paris : Il va y avoir du sport

Les investisseurs ont décidé vendredi que l'inflation annuelle américaine la plus élevée des 39 dernières années – la hausse des prix a atteint 6,8% en novembre – n'empêcherait pas les indices de se rapprocher des records annuels touchés en novembre. Le S&P500 a terminé sur un gain de 0,95%, son meilleur niveau de la séance. En Europe, la statistique américaine avait plutôt suscité la prudence avec des indices qui avaient clôturé en baisse, quoique modérée. L'événement le plus attendu de la semaine dernière n'en était donc pas un. Il semble que Wall Street considère que novembre a marqué le point haut de l'épisode inflationniste. C'est la meilleure explication possible, même si a posteriori c'est toujours plus simple.

Dans un tel contexte d'invulnérabilité des marchés actions, doit-on encore considérer que les rendez-vous prévus par les banquiers centraux cette semaine sont importants ? Je dirai bien oui quand même, dans la mesure où les circonstances les obligent à sortir de leurs discours assommants habituels. En plus, il y aura quatre décisions de politique monétaire entre mercredi et vendredi, par les quatre banques centrales les plus suivies de la planète, si l'on excepte la représentante chinoise (PBOC), qui fonctionne un peu différemment. La Réserve fédérale américaine ouvrira le bal mercredi, suivie de la Banque centrale européenne et de la Banque d'Angleterre jeudi puis de la Banque du Japon dans la nuit de jeudi à vendredi. Malgré tout le respect dû aux trois dernières, c'est la Fed américaine qui intéresse vraiment les investisseurs. "La Fed pourrait et devrait relever ses taux cette semaine", estime le facétieux patron de la stratégie de Bank of America, Michael Hartnett, qui juge toutefois plus probable que le premier tour de vis attendra mars, pour "calmer un marché du travail en fusion". Historiquement en effet, la Fed est toujours intervenue sur les taux quand l'emploi partait en quenouille. Et actuellement, la surchauffe est présente dans tous les indicateurs à disposition de la banque centrale américaine.

Je ne reviens pas sur les mécaniques subtiles de l'interaction entre resserrements monétaires et marchés actions, faute de place. Mais vous savez probablement que des taux plus élevés réduisent la liquidité et que c'est généralement une mauvaise nouvelle pour la dynamique économique et financière. Alors pourquoi font-ils ça, me demanderez-vous ? Parce qu'il est a priori des maux encore plus terribles si la machine s'emballe.

Anthony BONDAIN Bourse de Paris : Il va y avoir du sport

Pour autant, les investisseurs continuent à regarder vers le haut à court terme, grâce à certains catalyseurs. Je parlais la semaine dernière d'un réveil potentiel de la Chine. C'est à nouveau un sujet et une source d'optimisme pour les marchés, qui ont noté les petits pas réalisés par Pékin pour sortir de la crise immobilière, contrôler le yuan ou pour dégager des marges de manœuvre additionnelles aux banques domestiques. Les investisseurs pensent que le parti communiste chinois a entamé un programme de relance économique encore diffus, mais qui pourrait gagner en vigueur dans les semaines à venir. En tout cas, les places boursières de Chine continentale sont en vive hausse depuis le début du mois de novembre.

Pour donner un peu de légèreté à ce lundi qui démarre comme un cauchemar avec un froid de canard et un armée de banquiers centraux, une séquence anecdote. Vous connaissez peut-être Peloton Interactive. Cette société américaine fut un temps hyper à la mode avec ses vélos d'intérieur et ses tapis de course connectés, qui promettaient de démocratiser le sport à la maison. Peloton a même été présentée au début de la pandémie comme une valeur covid par excellence, probablement à juste titre. Malheureusement, la société a connu des déboires techniques et managériaux qui ont ramené l'action de 171 USD en janvier dernier à 38 USD actuellement. Action qui a connu une nouvelle rechute de 16% en deux séances jeudi et vendredi. La cause ? La mort de Mister Big, un personnage clef "Sex and the City", dès le premier épisode de la suite de la série à succès, baptisée "And Just Like That". Vous l'avez peut-être compris, Mister Big est mort sur un vélo Peloton, après une séance animée par un entraîneur virtuel de la marque. La baisse de l’action est-elle justifiée ? Chacun se fera son opinion, mais cela illustre une fois de plus la porosité nouvelle entre deux mondes qui s'ignoraient jusque-là, le divertissement et la bourse. Comme les actions mèmes. Ou l'investissement en un clic, comme on parie sur un match de football. Pour être totalement transparent, je souligne que le Crédit Suisse a sabré vendredi sa valorisation du dossier de 112 à 50 USD. Mais la première explication est bien plus sympa.

La semaine va démarrer en hausse en Europe. La bonne tenue de Wall Street vendredi et les nouvelles en provenance de Chine prennent le pas sur les tensions géopolitiques à la frontière ukrainienne et sur la vigueur retrouvée du coronavirus, en particulier au Royaume-Uni, décidément un vrai laboratoire à ciel ouvert pour le reste des économies occidentales. Le CAC40 grappille 0,07% à 6996 points peu après l'ouverture.

Il va y avoir du sport, la chanson du matin.

Les temps forts économiques du jour

Aucun indicateur majeur n'est en vue aujourd'hui. Au Japon, l'indice manufacturier Tankan a atteint 18 points, légèrement en-deçà des attentes.

L'euro se négocie 1,2955 USD. Calme plat sur l'once d'or, à 1786 USD. Le pétrole est ferme à 72,72 USD le baril WTI et 76,11 USD le baril de Brent. La dette américaine à 10 ans offre un rendement quasiment inchangé de 1,49%. Le bitcoin perd 2% à 49 000 USD.

Les principaux changements de recommandations

En France

Annonces importantes (et moins importantes)

Dans le monde

Annonces importantes (et autres)

Lectures

Partager: