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Les femmes s’épilent moins, mais les diktats restent

Les femmes s’épilent moins, mais les diktats restent

Les femmes s’épilent moins, mais les diktats restent

Petits par la taille, immenses par le débat qu’ils engendrent... À l’approche de l’été, les poils reviennent de nouveau sur le devant de la scène. Et la fameuse question : épilée ou pas sur la plage ? La plateforme de santé Charles.co a commandé à l’Ifop une étude concernant la pilosité intime et le poids des injonctions. Publiée récemment, elle nous apprend que les diktats sont toujours prégnants, mais que les femmes s’épilent moins. Et plus important encore : qu’elles se dirigent de plus en plus vers l’acceptation du corps au naturel. On fait un point.

L’épilation pubienne intégrale boudée par les Françaises

Réalisée auprès d’un panel de 2 027 personnes représentatif de la population française, l’enquête souligne que l’injonction à l’épilation intégrale est bien plus forte pour le sexe féminin que le sexe masculin. Selon les chiffres, 1 Français sur 2 n’entretient pas ses poils pubiens. Ce qui ne dérange pas les femmes puisqu’elles sont 41 % à préférer un sexe masculin non épilé. En revanche, c’est l’inverse chez les femmes. Elles ne sont "que" 24 % à pratiquer l’épilation pubienne intégrale. Alors que 32 % des hommes souhaitent qu’elles le fassent toutes.

À noter que, malgré cette pression sociale, le nombre de femmes ne s’épilant plus du tout le pubis a doublé entre 2013 et 2021. Elles sont 15 % en octobre 2013 et 28 % en janvier 2021. De même, la proportion de Françaises épilées diminue : 85 % en octobre contre "seulement" 72 % en janvier 2021. Les femmes d’âge mûr (65 ans et plus) sont les plus nombreuses à ne plus s’épiler du tout le pubis.

En revanche, la pratique de l’épilation intégrale progresse de manière constante depuis 2013 chez les moins de 25 ans. Elles sont désormais 56 % (+ 11 points par rapport à 2013). Cette pratique est notamment dictée par les normes sociales esthétiques. En effet, les principales motivations féminines selon cette étude sont : l’esthétisme (38 %), les pratiques sexuelles bucco-génitales (26 %). Les sensations sans poils pubiens (27 %) et enfin, les préférences de son partenaire (19 %).

Les clichés autour de la femme poilue

Les femmes s’épilent moins, mais les diktats restent

En ce qui concerne les autres parties du corps, les Françaises semblent moins adeptes de l’épilation régulière. 81 % des répondantes se sont ainsi épilé les aisselles au cours des 3 derniers mois. C’est 10 points de moins qu’en 2013. Pour l’épilation du maillot, c’est 75 % soit 10 points de moins.

On apprend aussi que le confinement a eu un impact sur l’épilation des femmes. Une Française sur dix affirme s’épiler moins qu’avant le premier confinement. 10 % s’épilent moins les jambes et demie-jambe. Et 12 % s’épilent moins le maillot et les aisselles.

Leurs principales motivations à l’arrêt définitif de l’épilation sont : la volonté d’éviter des produits potentiellement dangereux pour la peau (33 %). Vouloir éviter douleur et inconfort de l’épilation (20 %), gagner du temps (19 %). Se libérer de la charge mentale due à l’épilation (19 %) ou encore, se libérer des normes esthétiques féminines (14 %).

Ces fameuses normes sont toujours bien ancrées puisque 57 % des Françaises se disent dérangées par les poils sous les aisselles d’une autre femme. Les jambes poilues dérangent également (57 %). Alors qu’elles ne sont que 36 % à être dérangés par les poils de dos chez un homme. Plus ennuyeux : 61 % des hommes pensent qu’une femme doit toujours être impeccablement épilée sous les aisselles. Et 60 % pensent qu’il n’est pas approprié pour une femme d’afficher poils de jambes et d’aisselle sur son lieu de travail.

Le combat des poils est-il perdu d’avance ?

Encore plus dérangeant selon cette étude Charles.co : pour 51 % des hommes, une femme qui sort de chez elle sans être épilée se "laisse forcément aller". En revanche, la majorité des hommes hétérosexuels déclare pouvoir faire l’amour avec une femme non épilée, y compris au niveau du pubis. 66 % pourraient faire l’amour avec une femme non épilée sous les aisselles. Et 61 %, avec une femme non épilée sur les jambes.

Force est de constater que malgré une baisse de l’épilation, les femmes sont toujours soumises à l’injonction sociale. Elles sont même parfois leur premier bourreau. Alors qu’il est évident que s’épiler ou non est un choix personnel que personne ne devrait influencer. Et vous, qu’en pensez-vous ? Venez en discuter sur nos forums.

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