#

Faut-il avoir peur de Daniel Kretinsky, le milliardaire tchèque qui bouscule la presse française ?

Faut-il avoir peur de Daniel Kretinsky, le milliardaire tchèque qui bouscule la presse française ?

Faut-il avoir peur de Daniel Kretinsky, le milliardaire tchèque qui bouscule la presse française ?

Daniel Kretinsky à ses débuts (CTK/ABACA)Faut-il avoir peur de Daniel Kretinsky, le milliardaire tchèque qui bouscule la presse française ? Faut-il avoir peur de Daniel Kretinsky, le milliardaire tchèque qui bouscule la presse française ?

« Daniel », comme l’appellent ses collaborateurs, a percé ainsi, avec son flair et sa rationalité implacable. Premiers succès, en pariant sur les vieilles installations, très répandues en Tchéquie, de cogénération (qui produisent de l’électricité à partir de la chaleur), alors qu’il n’est qu’un jeune juriste, payé 900 euros par mois chez J & T, un fonds d’investissement de Prague. Le patron, Patrik Tkac, fils d’un banquier communiste, enrichi par les privatisations des années 1990, vorace dans la finance, les assurances, l’immobilier de luxe, le repère vite. Il crée à son côté en 2009, le groupe énergétique EPH, avec l’homme le plus riche du pays, Petr Kellner, un génie des affaires, également rompu aux montages offshore, tentaculaire dans la banque, l’immobiier, les mines d’or, les télécommunications en Europe de l’Est jusqu’en Russie ; un ami de tous les présidents tchèques – Vaclav Klaus, aujourd’hui soutien de Viktor Orban, comme son successeur, Milos Zeman, lié quant à lui à Vladimir Poutine.

Le trio rachète des entreprises d’électricité, de gaz, des « actifs charbon » dans toute la région, modestes d’abord, puis de plus en plus importants. Coup de maître en 2013, avec l’acquisition pour 2,6 milliards d’euros d’une partie d’Eustream, le gigantesque gazo­duc qui achemine la majeure partie du gaz russe en Europe. Le consortium fran­co-alle­mand composé de GDF Suez et E.ON, qui le possède alors à 49 % (contre 51 % pour l’État slovaque), veut se séparer de cette infrastructure fort rentable, mais risquée vu l’instabilité croissante dans la région et les manœuvres de Poutine en Ukraine. Les amis d’EPH, soutenus par les nomen­klaturas russe et slovaque, sont candidats. Daniel Kretinsky a piloté cette négociation durant près de deux ans. « Il nous a bluffés, se souvient un ponte d’Engie. Il était incroyablement préparé, diplomate, sympa, humble même s’il lui arrivait de débarquer aux réunions en Rolls. » Le gazoduc assure au groupe de Kretinsky de solides revenus, une capacité d’emprunt décuplée qui lui permet d’affermir ses relations avec les plus grandes banques, dont la Société générale, et d’investir toujours plus dans le charbon, le gaz, et même, peu à peu, dans le nucléaire, l’éolien, la biomasse... Les opérations s’accélèrent : main basse en Alle­magne sur le trésor vieillissant (trois centrales et cinq mines) du groupe suédois Vatenfall, malgré la mobilisation des écologistes, rachat des infrastructures d’E.ON en Italie, acquisition des gigantesques centrales de Eggborough et Lynemouth dans le nord de l’Angleterre... La presse anglaise compare alors Daniel Kretinsky à Roman Abramovitch, le célèbre oligarque russe, magnat du pétrole, propriétaire du club de Chelsea. Le Tchèque est certes moins tape à l’œil et moins riche (sa fortune, 924e au classement Forbes, est estimée à 2,6 milliards d’euros), mais il possède le Sparta, deux somptueux catamarans, dont le Black Swan, épinglé dans les Panama Papers, ainsi qu’une luxueuse villa londonienne, à 23 millions d’euros, Heath Hall, louée au chanteur Justin Bieber.

Faut-il avoir peur de Daniel Kretinsky, le milliardaire tchèque qui bouscule la presse française ?

Partager: