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Critique & Interviews / « Les Petits Meurtres d’Agatha Christie » épisode « La nuit qui ne finit pas »

Critique & Interviews / « Les Petits Meurtres d’Agatha Christie » épisode « La nuit qui ne finit pas »

Critique & Interviews / « Les Petits Meurtres d’Agatha Christie » épisode « La nuit qui ne finit pas »

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Dernière mise à jour : février 6th, 2021 at 11:41

Le vendredi 29 janvier 2021 débute sur France 2 la troisième saison de la série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie avec un nouveau trio en tête d’affiche : Arthur Dupont, Emilie Gavois-Kahn et Chloé Chaudoye. L’avis et la critique série de Bulles de Culture sur l’épisode La nuit qui ne finit pas ainsi que notre interview de l’équipe.

L’épisode La nuit qui ne finit pas : introduction d’une nouvelle bande dans la série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie

Avec un tournage dans la région Hauts-de-France (Croix, Douai, Lens, Lille, Tourcoing), un scénario de Flore Kosinetz et Hélène Lombard — les personnages ont été créés par Flore Kosinetz, Hélène Lombard, Eliane Montane et Sophie Révil —, une image de Bertrand Mouly, un montage de Céline Cloarec, des décors de Moundji Couture, des costumes de Céline Guignard, une musique de Stéphane Moucha — y compris les chansons interprétées par Andy Chase, Sébastien Demeaux, James Harries, Ian Kelosky et Jamie Marshall — et une réalisation de Nicolas Picard-Dreyfuss,La nuit qui ne finit pas est donc le premier épisode de la nouvelle saison de la série policière Les Petits Meurtres d’Agathe Christie avec de nouveaux personnages et une nouvelle époque, les années 70.

On change tout, évidemment, l’époque, les personnages. Et on ne change rien, c’est-à-dire qu’on garde l’ADN de cette série avec Agatha Christie et ses histoires de meurtres géniales, le côté comédie débridée et le visuel et la nostalgie qu’on a de ces époques-là — maintenant les années 70.Critique & Interviews / « Les Petits Meurtres d’Agatha Christie » épisode « La nuit qui ne finit pas »

(…) Et on ne change rien car pour moi, Les Petits Meurtres, c’est avant tout une histoire d’amitié entre les personnages. C’est un principe qu’on a repris : ce sont trois personnages solitaires qui se créent une nouvelle famille. Il n’y a rien de plus beau que les familles qui se choisissent.

— Sophie Revil, coproductrice et cocréatrice

Unique épisode de la troisième saison de Les Petits Meurtres d’Agatha Christie encore inspiré d’un roman éponyme d’Agatha Christie, publié en 1967, La nuit qui ne finit pas introduit donc trois nouveaux personnages principaux. Il y a d’abord la commissaire Annie Gréco, jouée par Emilie Gavois-Kahn. C’est une femme forte et rigide qui doit s’imposer dans un milieu d’homme.

C’est la première femme qui est nommée commissaire. C’est un essai de nommer une femme commissaire en France et elle doit diriger des hommes à une époque où c’est compliqué d’avoir du pouvoir et de la considération pour une femme. Elle doit trouver ses marques, diriger une équipe et en même temps rester féminine.

(…) Ce personnage, c’est la rencontre entre un sac à main et un holster, c’est-à-dire qu’elle a le pouvoir, l’autorité et en même temps, la féminité, les talons hauts, les ongles faits.

Critique & Interviews / « Les Petits Meurtres d’Agatha Christie » épisode « La nuit qui ne finit pas »

— Emilie Gavois-Kahn

Il y a ensuite le personnage de Max Beretta, interprété par Arthur Dupont. C’est un jeune flic impulsif et violent dont la voiture et la personne sont rapidement réquisitionnées par la commissaire.

Max Beretta est un jeune inspecteur bien de son époque, c’est-à-dire un peu macho et avec une idée de la une femme quand même assez réduite. Tout en aimant la femme follement car il est fou amoureux de sa femme avec qui il a des problèmes (…).

C’est quelqu’un de loyal, qui adore son métier et qui au début ne prend pas bien le fait d’être dirigé par une femme. Et c’est tout l’intérêt de créer ce contexte-là, c’est de voir aussi les limites de chacun à cette époque.

— Arthur Dupont

Enfin, la commissaire colle aux basques de l’inspecteur Beretta le personnage de Rose Bellecour, incarnée par Chloé Chaudoye (vue dans le long métrage Marie et les naufragés et dans l’épisode Ding Dingue Dong de la saison 2 des Petits Meurtres). C’est une psychologue fashionista — le style Courrèges des années 70 et la série Chapeau melon et bottes de cuir ont été les grandes sources d’inspiration pour les costumes de Rose — qui ne peut s’empêcher d’analyser tout le monde et qui cherche à s’émanciper des ses parents bourgeois, interprétés par Christèle Tual (vue dans le feuilleton Un si grand soleil) et Grégoire Oestermann.

Rose Bellecour est une psychologue qui vit dans une famille très bourgeoise et qui aimerait devenir indépendante. Sauf que son métier est compliqué pour elle parce qu’elle n’a pas de patients, enfin très peu. Et elle rencontre Annie Gréco par hasard sur une scène de crime et elle va commencer à enquêter un peu avec Beretta et Gréco.

— Chloé Chaudoye

Mentionnons enfin à la distribution de la série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie deux nouveaux personnages récurrents :

C’est une bande (…) et on a continué avec le concept d’une bande parce qu’on est arrivé à un niveau de comédie qui est beaucoup plus dur à écrire si on n’a que deux personnages.

— Sophie Revil

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Décors futuristes et feuilletonnement autour du trio

Côté décors, on quitte donc le côté vintage des années 50-60 de la saison 2 pour une ambiance des années 70 plus funky, pop, hippie — avec l’hôtel baba cool où séjourne la commissaire — et même des décors futuristes avec l’étrange salle d’interrogatoire dans le commissariat qui fait très Cosmos 1999, une série américaine de science-fiction de Gerry Anderson et Sylvia Anderson diffusée dans ces années-là — pour cette troisième saison de la série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie.

Il y a un côté très futuriste dans le mobilier et l’architecture des années 70 avec un côté vaisseau spatial, conquête de l’espace. (…) Il y a aussi le fantasme 2001 : l’odyssée de l’espace [NDLR : le long métrage de Stanley Kubrick sorti en 1968] et les séries de vaisseau spatial des années 70.

— Sophie Revil

Critique & Interviews / « Les Petits Meurtres d’Agatha Christie » épisode « La nuit qui ne finit pas »

Enfin, cette nouvelle saison de Les Petits Meurtres d’Agatha Christie devrait proposer du feuilletonnement autour de ses personnages récurrents, notamment à travers le suivi psychologique de Max Beretta par Rose Bellecour.

Le plaisir que j’ai pris à la lecture, c’est qu’on suit les personnages et qu’il y a une évolution, si ce n’est dans leur psychologie, dans leurs vies privées. Pas que pour Beretta, il y a aussi Rose Bellecour : on voit là où elle habite et on voit aussi ses parents avec qui les rapports vont évoluer. Pour mon personnage, c’est son ex-femme. Et pour Annie Gréco, on va découvrir plein de trucs sur elle par rapport à ses parents.

(…) Pour nous, c’est un plaisir parce qu’on sent qu’on a une une trame, une chronologie qu’on découvre à peine, puisqu’on a tourné pour l’instant que quatre épisodes. Et pour le spectateur, j’ai l’impression que c’est une gourmandise en plus. Il y a l’épisode, la pâte Agatha Christie, les années 70 avec le côté funky, coloré, misogyne et fou et en même temps, il y a ces personnages qui évoluent dans leurs vies privées.

Si c’est ça être feuilletonnant, moi, je trouve ça très bien.

— Arthur Dupont

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Notre avis ?

Quand on visionne ce premier épisode de la saison 3 de la série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie, difficile de ne pas faire la comparaison avec la saison 2 et son excellent trio, formé alors de Samuel Labarthe, Blandine Bellavoir et Élodie Frenck, que nous avions suivi pendant 27 épisodes et 7 ans sur France 2. Surtout que l’épisode La nuit qui ne finit pas tatônne et que la mayonnaise prend du temps à prendre.

Certes, cette nouvelle saison est très différente. «L’humour est différent, un peu plus corrosif, il est plus adulte. On parle plus de sexualité, de rapports hommes-femmes. Il y a la psychanalyse et la présence d’une psy, ça s’amène un humour un peu plus Woody Allen, un peu plus adulte», dixit Sophie Revil.

Mais il faut reconnaître que les nouveaux.elles comédien.ne.s n’ont pas le même charisme que leurs prédécesseur.se.s et les scènes font au début très théâtre et manquent d’ancrage dans le réel. Enfin, on regrette un peu ce choix de privilégier davantage la comédie au suspense associé à l’enquête.

Bref, un premier essai pas totalement convaincant mais on est tout de même curieux de découvrir la suite et la direction que va prendre la série après ce premier épisode introductif.

Propos recueillis par visioconférence le mercredi 6 janvier 2021.

En savoir plus :

Jean-Christophe Nurbel
Rédacteur en chef / Editor-in-chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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