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Histoire de l'esclavage : 4 périodes en 10 émissions

Histoire de l'esclavage : 4 périodes en 10 émissions

Histoire de l'esclavage : 4 périodes en 10 émissions

Si le commerce d'esclaves trouve son point culminant dans le dernier quart du XVIIIe siècle, période à laquelle le trafic de la traite des Noirs vers l'Amérique, la Caraïbe et les Antilles culmine à des chiffres jamais atteints, l'histoire de l'esclavage commence dans l'Antiquité. Si la fin de l'empire romain, progressivement christianisé, voit le repli de ce système, le Moyen Age le remplace par le servage, qui continue de priver les serfs de leur liberté tout en leur reconnaissant une existence juridique. La période médiévale est également marquée par l'essor de la traite arabe, qui se déploiera de la Méditerranée à la péninsule arabique en passant par le Sahara, du VIIIe au XVIIIe siècle. Ce n'est qu'à partir du XVIIe siècle que s'organise la plus connue des traites d’esclaves, la traite transatlantique entre l’Afrique et les Amériques. Des esclaves de la démocratie athénienne à ceux embarqués sur les bateaux négriers du commerce triangulaire, cette sélection d'émissions propose de retracer l'histoire de l'esclavage au fil de quatre grandes périodes, jusqu'à son abolition.

L'esclavage dans l'Antiquité

Au sein de la cité athénienne, l’institution esclavagiste est unanimement défendue, l’abolition est un horizon impensable pour les philosophes grecs, comme en atteste le texte d’Aristote sur le sujet au Livre I de sa Politique. La philosophe Hannah Arendt analysait l’esclavage dans l’Antiquité comme le signe d'un mépris du travail, une façon de l’éliminer pour les hommes libres. Mais qu'en était-il exactement ? Cette émission propose de préciser les contours d'un état, défini à la fois par la notion de propriété, mais aussi par celle de déshonneur et de mort sociale, et d'une institution, indissociable du fonctionnement démocratique.

Ancien berger, déserteur de l'armée romaine devenu esclave, Spartacus est le meneur de la troisième guerre servile menée contre Rome entre 73 et 71 av. J.-C. Fort d'une troupe de 50 000 hommes au moins - bergers et paysans ayant rejoint les esclaves révoltés - ses victoires face aux armées de Crassus et sa fin tragique sur le champ de bataille ont forgé la légende du gladiateur. A force d’être réinterprété par la littérature et le cinéma, Spartacus est devenu le symbole de la révolte des minorités soumises. Cette émission essaie de brosser le portrait d'un esclave devenu chef de guerre, mais au sujet duquel les sources sont rares.

Le Moyen Âge

Conséquence de la christianisation progressive de la fin de l’Empire romain, la période médiévale voit le repli de l'esclavage en Europe du Nord. Il est remplacé par le servage, système qui, s’il prive toujours les serfs d’une bonne partie de leur liberté, leur accorde néanmoins une existence juridique. C'est aussi au Moyen Âge qu'apparaît le phénomène de la traite arabe, qui durera du VIIIe au XVIIIe siècle. Cette traite a concerné plus de 10 millions d’esclaves, issus essentiellement d’Afrique mais également d’Europe méditerranéenne.

Histoire de l'esclavage : 4 périodes en 10 émissions

De celles suivies par les caravanes à travers le Sahara à celles empruntées par le commerce triangulaire transatlantique, les routes de l’esclavage parcourent l’Antiquité, le Moyen Âge et la période moderne. Du VIIe siècle de notre ère à l’apogée de la traite négrière, cette émission propose d'explorer les plus importantes. Comment ont-elles été tracées, organisées, alimentées ? Comment les personnes réduites en esclavage ont-elles vécu ce déracinement, qui forme le cœur de l'institution esclavagiste ? Et comment l’histoire de la traite continue-t-elle de façonner nos sociétés ?

La traite arabe, un commerce qui s'étend du VIIIe au XVIIIe siècle, a concerné plus de 10 millions d’esclaves, issus essentiellement d’Afrique sub-saharienne mais également d’Europe méditerranéenne. Contraints de traverser le Sahara à pied pour rejoindre le Maghreb ou l’Égypte, ou acheminés par bateaux dans la péninsule arabique via Zanzibar, la grande majorité des Africains razziés devenaient esclaves dans des mines, des plantations ou des chantiers d'irrigation. Cette émission propose d'éclairer l'histoire de cette traite beaucoup moins connue que celle organisée par les pays européens vers l’Amérique.

La période moderne

Le 3 juillet 1315, un édit du roi de France Louis le Hutin permet à un esclave de réclamer sa liberté. Pourtant, bien longtemps après sa promulgation, sa célèbre maxime "Nul n'est esclave en France" continue d'être contournée, en dehors du territoire métropolitain. Comme en témoigne le Code noir édicté par Louis XIV en 1685, qui règlemente le sort des esclaves dans les colonies françaises. Dans ces territoires, et jusqu'à l'abolition de l'esclavage en 1848 - qui fait l'objet d'une autre sélection d'émissions - la France continue d'admettre l’existence de travailleurs attachés à un maître, à une terre, et qu'il est même possible de vendre sur des marchés.

5. Etre noir en France avant l'abolition de l'esclavage (51 min)

Entre le début du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle, plus de 18  000 Africains, afro-descendants ou métis vivent sur le territoire métropolitain. Qui sont ces déracinés, débarqués dans les ports français et qui ont parfois fait souche à Paris, Nantes ou encore Bordeaux ? Ont-ils joué un rôle politique pendant la Révolution française ? Esclave affranchi, perruquier, domestique, cuisinier ou couturier au service de riches bourgeois mais surtout de la noblesse, cette émission propose d'éclairer ces destins, qui sont un des angles morts de l'histoire de la traite.

XVIIIe - XIXe siècles

Le XVIIIe siècle voit l'apogée de l'institution esclavagiste. A cette période, la traite des Noirs culmine à des chiffres sans précédent dans l'histoire : dans le dernier quart de ce siècle, 80 000 captifs en moyenne sont transportés chaque année d’Afrique vers l'Amérique, la Caraïbe et les Antilles. L’économie européenne dans son ensemble est alors liée à ce commerce et presque tous les pays pratiquent le transport négrier depuis leurs ports. On estime que la France, pour sa part, est responsable du déplacement de 1,2 millions d'individus entre 1635 et 1831.

Quelle était l'espérance de vie d'un esclave dans les plantations de canne à sucre des Antilles françaises à l'époque où le fameux Code noir définissait encore celui-ci comme un bien meuble ? Ce documentaire réalisé en Guadeloupe et en Martinique propose de plonger au cœur de la violence du système esclavagiste du XIXe siècle grâce au compte-rendu du procès du propriétaire terrien Jean-Baptiste Douillard-Mahaudière, traîné devant les tribunaux en 1840 pour avoir séquestré son esclave, Lucile...

En Afrique, aux Antilles et sur le continent américain, les esclaves ont été des acteurs majeurs de l’histoire de l’esclavage. Cette émission s’attache à montrer qu’ils ont contribué à l’évolution culturelle et sociale des côtes et de l’arrière-pays africains, à la création de nouvelles sociétés métissées aux Amériques, ou à l’invention de formes de résistance dont la révolution haïtienne de Toussaint Louverture marqua le sommet en 1791.

La résistance à l’esclavage a pris des formes variées depuis les origines même de ce système. D'actes individuels comme le suicide ou l'infanticide à bord des bateaux négriers jusqu'à l'apparition de formes plus organisées et collectives comme le marronnage qui désigne la fuite des plantations dans la Caraïbe et les Antilles françaises à la fin du XVIIIe siècle, cette émission propose de dresser une typologie des différentes formes de résistance à l'esclavage jusqu'à son abolition.

Phénomène rare dans l'histoire des mutineries survenues à bord des navires négriers, celle de l’Amistad, au large de Cuba, en 1839, a connu une issue heureuse pour les esclaves mutins. Cette émission revient en détail sur le déroulement d'un épisode méconnu de l'histoire de l'esclavage, même si Steven Spielberg l'a adapté au cinéma, avec son film Amistad, sorti en 1997.

Institution féodale, le servage va encore survivre en Europe dans la Russie tsariste de la fin du XIXe siècle. Alors qu'elle se prépare à entrer dans l’ère industrielle, celle-ci comporte encore une société agricole attachée au maintien de ses privilèges, parmi lesquels le servage qui ne sera aboli par le tsar Alexandre II qu'en 1861.

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