#

L’humoriste Fabrice Eboué assume son lâcher-prise dans « Adieu hier »

L’humoriste Fabrice Eboué assume son lâcher-prise dans « Adieu hier »

L’humoriste Fabrice Eboué assume son lâcher-prise dans « Adieu hier »

Fabrice Eboué ne supporte plus l’époque. L’humoriste se sent paumé, vieux avant l’âge, alors il joue à l’affreux personnage, son meilleur rôle. Le réalisateur de Barbaque – son quatrième long-métrage, sorti en octobre 2021, dans lequel il règle ses comptes avec les végans – reprend le chemin de la scène, plus énervé que jamais, fidèle à son humour noir, assumant le lâcher-prise.

Avec Fabrice Eboué, il faut toujours jeter un œil sur ses affiches. Elles donnent le ton. En 2018, pour son précédent one-man-show, il ne montrait pas son visage mais son début de calvitie et affirmait en titre : Plus rien à perdre. Quatre ans plus tard, il est assis seul dans une salle de théâtre, accoudé, la tête appuyée dans sa main. Il fait la gueule, et son nouveau spectacle s’appelle Adieu hier.

A 44 ans, l’humoriste, qui s’est fait connaître grâce au Jamel Comedy Club, a le don de créer dès son arrivée sur scène un lien avec le public. Comme à son habitude, il choisit deux spectateurs pour être ses cautions ou ses cibles. La méthode n’est pas nouvelle dans le stand-up, mais il la manie particulièrement bien. Ce soir de janvier, il jette son dévolu sur le jeune Timothée et le retraité Michel. Deux générations qu’il va prendre à partie pour illustrer l’évolution de notre société. Une société qu’il a de plus en plus de mal à comprendre, tant il se sent dépassé par le « nouveau » monde.

Lire l’entretien avec Fabrice Eboué :« J’aime le rire quand il suscite le débat »

La force de Fabrice Eboué, c’est la décontraction avec laquelle il se fait provocateur et insolent, sans temps mort. Lui, le fils d’un père camerounais gynécologue et d’une mère normande agrégée d’histoire, se moque avec régal « de la mode médiatique du métis. Avant, c’était une denrée rare, désormais, il y en a partout, même chez les Miss France ». Mais c’est surtout à l’époque qu’il s’attaque, sans jamais craindre de ne pas plaire à tout le monde.

Politiquement incorrect

L’humoriste Fabrice Eboué assume son lâcher-prise dans « Adieu hier »

Eternel bougon qui sait se rendre attachant grâce à son aisance sur scène et son sens de la vanne, l’humoriste s’adresse aux spectateurs comme à des potes pour leur confier son regard sur le monde. « On est en train de péter un plomb », s’affole-t-il. En bonne place dans cette société hystérisée : les réseaux sociaux. « Leur ancêtre, c’est le bistrot. A l’époque, on se disait les choses en face. Et il y avait toujours Dédé, l’idiot du village. Le problème, désormais, c’est que ce Dédé est entré en contact avec tous les Dédé des autres villages. »

Il vous reste 41.75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Partager: